Une agropole à Béni Mellal
Avec 570.169 ha de superficie agricole utile, dont 185.087 de superficie irriguée (prés de 18% de la superficie irriguée du Maroc), 531.445 ha détendues forestières, 186.000 exploitations agricoles et près de 445.000 actifs (61% de la population actives), l'agriculture est le secteur pilier de l'économie régionale.L'agriculture dans la région participe activement à la production marocaine : 26% des betteraves, 19% des agrumes, 17% des olives et 7,5% des maraîchages.Avec une production de 210 millions de litres de lait et 41 millions de tonnes de viande rouge par an, Tadla Azilal subvient à hauteur de 19% aux besoins nationaux en lait, grâce à un cheptel estimé à 2.684.000 têtes, dont 1.527.000 ovins, 235.000 bovins, 800.000 caprins et 122.000 équidés. Forte de son potentiel agricole, la région s'est naturellement spécialisée dans l'industrie agroalimentaire, notamment dans la transformation des betteraves sucrières, des maraîchages et des produits laitiers. L'industrie agroalimentaire concerne 40% des établissements industriels que compte la région, 80% de la production de la valeur ajoutée et du chiffre d'affaires, 90% de l'investissement et 60% des effectifs employés. Béni Mellal, capitale de la région, aura ainsi droit à son agropole à l'instar de celles de Meknés et Oujda. Le projet qui devait aboutir avant 2010 semble traîner encore. L'objectif étant de valoriser localement les matières premières agricoles au lieu de les exporter à l'état brut, pour être transformées en dehors de la région. C'est le cas actuellement. Ainsi, pour le secteur de conservation et de transformation des agrumes, 40% de la production est conditionnée hors région. Le cas aussi pour le secteur de la transformation des olives, sur une production globale de 168.000 tonnes…Ce petit tunnel pour les cultures maraîchères s'est avéré être une technique réussie. Son expérimentation et sa pratique par les agriculteurs ont abouti à une amélioration de productivité de 130% pour certaines variétés et ont permis de réaliser des marges bénéficiaires de 20.000 à 35.000 DH par ha. Ceci étant, les opportunités d'investissement dans le secteur de l'agroalimentaire sont très diversifiées, accompagnées de mesures incitatives pour le financement du projet à 100% avec un taux d'intérêt de 8,5%, sur une période pouvant aller de 10 à 15 ans et d'une subvention de 30 à 40% du montant du projet, en plus de 30% en cas de complément d'irrigation et de 40%, en cas d'installation du localisé. D'où l'idée d'ailleurs pour l'installation d'industriels de l'agroalimentaire à proximité des zones de production de la région. Le projet de la réalisation d'une agropole à Béni Mellal a été maintenu. Les études techniques nécessaires ont été confiées au cabinet Ernst & Young, qui devrait ainsi réaliser trois missions définies pour le compte des autorités régionales. La première portant sur le diagnostic stratégique du secteur agro-industriel. Cette mission, selon les mêmes sources, a été déjà bouclée, et qui montre clairement que l'oléiculture et la culture maraîchère sont les filières les plus attractives de la région. Arrivent en suite l'élevage et les agrumes et enfin les plantations de betteraves sucrières. Sur la base de ce constat, le cabinet technique a fixé comme objectif, pour la région de Tadla Azilal, de devenir le principal fournisseur en produits agricoles de toute la zone du centre. Pour ce faire, un «site à vocation stratégique» s'impose. Trois solutions ont été identifiées pour mettre en place ce site : une agropole diversifiée comprenant des unités destinées à l'oléiculture, l'agrumiculture et l'élevage avec une partie consacrée à la recherche et développement.Secundo, la configuration d'une agropole est maintenue, mais avec une spécialisation dans une filière unique. Tercio, la solution préconise de se limiter à une plate-forme d'expédition et de stockage. Le cabinet en recommande l'une des deux premières options.Depuis, les conclusions de cette première phase sont restées au niveau de la validation. Et le cabinet devrait ainsi entamer la seconde phase qui déterminera les axes stratégiques de développement de l'agropole et le plan d'action nécessaire à sa réalisation, avant celle des études de faisabilité et de positionnement de l'agropole. Le développement durable globalTout ce dynamisme découle de la volonté politique ferme de faire de Tadla Azilal un pôle important dans le processus de développement durable global, dans l'esprit même de la régionalisation.En résumé, la mise à niveau du tissu économique du pays passe par la restructuration de ses régions. Remettre la région Tadla Azilal sur les rails requiert des financements importants et un engagement certain de tous les acteurs. Dans cette optique, la création d'un Fonds d'investissement pour la région, à l'instar d'autres régions du Royaume, s'impose pour qu'effectivement le financement du développement de la région soit formellement mis sur pied, pour s'inscrire dans la continuité des Hautes orientations Royales, visant particulièrement la promotion des investissements, l'encouragement de la création des petites et moyennes entreprises, la dotation des régions d'infrastructures nécessaires pour son développement durable.



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