Les concertations sont déjà à mi-chemin
Au début de ce mois, le cap a été mis sur la région de l'Oriental dont les concertations ont eu lieu le 1 et 2 février avec la présence de deux responsables gouvernementaux en l'occurrence Ahmed Taoufik Hjira et Anis Birou respectivement ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme et secrétaire d'Etat auprès du ministre du Tourisme et de l'Artisanat chargé de l'artisanat. La région de l'Oriental revêt une importance stratégique autant par sa position géographique que pour son potentiel économique. Par son étendue au sein du territoire national, elle représente plus du 11% du territoire marocain. De plus, la région dispose d'une biodiversité exceptionnelle. Le domaine forestier couvre environ 32% de la superficie totale de l'Oriental. Les formations forestières sont principalement constituées de chêne vert, de Thuya, de Genévrier, de pin d'Alep naturel ainsi que de diverses espèces reliques ou secondaires notamment le pistachier de l'Atlas. De même, les nappes naturelles de romarin, de lavande armoise, de thym et de diverses plantes aromatiques et médicinales couvrent plus de 200.000 ha. Les ressources en eau sont également très importantes dans cette région. La qualité globale des eaux de surface observée en 2008 est moyenne à excellente pour 70% des stations échantillonnées. L'Oued Moulouya, constitue le principal cours d'eau du bassin, prenant naissance aux haut et moyen Atlas. Concernant les eaux souterraines, la région renferme une quinzaine de nappes souterraines d'une importance inégale avec prédominance de niveaux profonds. L'agriculture dans l'Oriental est dominée par la culture des céréales qui s'étend sur 73% de la surface agricole utile en dépit d'un niveau de rendement très faible. D'autres cultures sont également pratiquées comme les agrumes et les amandiers. Malgré toutes les potentialités dont dispose la région de l'Oriental, cette dernière fait face à de nombreux défis environnementaux. La menace de désertification prend des formes de dégradation parfois irréversibles notamment au niveau de la province de Figuig. Le domaine forestier est également en proie à une exploitation à outrance qui met en péril l'écosystème dans la zone. Les ressources en eau n'ont pas été épargnées en raison de la multiplication des sources de pollution. Dans ce sens, les rejets liquides des eaux usées domestiques et industrielles nuisent énormément à la qualité des eaux de surface. Quand elles sont épargnées ou lorsqu'elles échappent aux facteurs polluants, les nappes phréatiques sont soumises à une surexploitation dépassant de loin leurs capacités de reconstitution. Lors du débat régional, ces questions ont été évoquées par les participants qui sont ressortis avec plusieurs recommandations. Le deuxième débat de ce mois de février a été organisé dans la région de Chaouia-Ouardigha. Située au centre du pays, cette région qui est considérée comme un carrefour d'échange, s'étend sur la plaine de la Chaouia et celle de Berrechid ainsi que le plateau des phosphates et la partie sud-ouest des plaines de la Meseta. Des ressources en eau relativement importantes sont disponibles même si la région ne compte que l'Oued Oum Errabii comme principale source en eau de surface. Les nappes phréatiques, elles, sont plus nombreuses notamment la nappe de Berrechid qui s'étend sur une surface de 1500 km2. L'activité agricole dans la région reste tout comme de nombreuses régions marocaines, dominée par la céréaliculture. Pour preuve, les céréales dominent 96% de la superficie agricole utile. Le reste, c'est-à-dire 4%, est cultivé en oliviers, vignes et en pomme de terre. Néanmoins, le secteur agricole dans la région qui est l'un des plus développé au Maroc, participe d'une manière indirecte à la dégradation de l'environnement. En effet, l'utilisation à outrance des pesticides, des insecticides et des engrais est un facteur qui contribue largement à la pollution des ressources en eau. De plus, le réseau hydrographie reçoit directement une quantité non négligeable d'eaux usées sans aucun traitement préalable. Le secteur de l'industrie n'est pas en reste. Les activités industrielles et assimilées, telles que les industries minières, la transformation des phosphates, les cimenteries, le textile et cuir, la chimie et parachimie, la métallurgie, la mécanique et l'agroalimentaire exercent des pressions énormes sur l'environnement. L'impact sanitaire n'est pas négligeable. La population locale est exposée aux risques de maladies liées à la pollution chimique ainsi que des pathologies à transmission vectorielle comme le paludisme. Un peu plus au Nord, la région du Gharb Chrarda Beni Hssen avait pour sa part abrité son débat régional en janvier dernier. Un débat qui fut une occasion pour faire le point sur la situation écologique dans cette région. Cette dernière englobe deux sites d'intérêt biologiques et écologiques majeurs : la Merja-Zerga et le lac de Sidi Boughaba qui sont considérées comme des zones humides à biodiversité élevée et de notoriété internationale. Le réseau hydrographique est des plus importants au Royaume. Il est composé de l'Oued Sebou et ses affluents, Ouergha et ses affluents, Rdat et Beht. La région abrite en outre deux nappes phréatiques importantes : Maâmora et la nappe du Gharb. Ces ressources en eau très considérables ont fait du Gharb une région à vocation agricole. Les principales cultures traditionnelles, maraîchères et industrielles sont pratiquées dans cette zone classée parmi les premières au niveau national, notamment pour la production du riz, des cultures sucrières, du Tournesol et des agrumes. Par ailleurs, les produits forestiers génèrent des recettes annuelles de l'ordre de 65 millions de dirhams. Cependant, la croissance démographique et les développements des activités agricoles et industrielles ont eu un impact néfaste sur l'environnement. La production des déchets ménagers dans la région est estimée à environ 530 tonnes par jour et la gestion de ces déchets souffre de plusieurs carences allant de la collecte jusqu'à la mise en décharge. Bien que la collecte des déchets solides est confiée à des opérateurs privés, il existe un manque de moyens pour assurer ce service régulièrement ce qui a pour résultat d'entraîner le dépôt sauvage des ordures dans des endroits très sensibles. Le débat sur la charte a été également riche dans la région de Guelmim Es-Smara. Celle-ci est bien connue comme étant un trait d'union entre les provinces marocaines du Sud et le reste du pays. Elle se distingue par l'hétérogénéité de sa texture géographie. On y distingue en effet trois zones géographies différentes. D'abord, une zone montagneuses qui forme le prolongement de l'anti-atlas au Nord et au Nord Ouest. Ensuite, une zone semi désertique au centre constituée de plaines qui traversent les hauteurs à faible altitude. Enfin, une zone Sud qui est dominée par le désert. L'environnement de la région qui est riche et diversifié, compte d'importants peuplements de palmiers et des autres espèces forestières. Bien évidemment, l'espace forestier est naturellement composé d'espèces végétales autochtones qui couvre une superficie relativement importante représentant 3,6% de la superficie totale de la région. Toutefois, le potentiel en eau naturelle est limité. Une grande partie des ressources hydriques appartiennent au bassin hydraulique de Draa aval et de l'unité de Guelmim. La région comprend également des ressources en eau souterraines en l'occurrence les nappes de Guelmim, Benkhli, Oued Ksat… Malgré l'aridité apparente de la région, cette dernière dispose également d'atouts dans le secteur de l'agriculture. La superficie agricole utile est d'environ 210.000 ha dans laquelle prédomine la culture des céréales, le cactus ainsi que les dattes. Lors du débat régional plusieurs problèmes environnementaux ont été soulevés. En effet, les écosystèmes forestiers et oasiens subissent des dégradations considérables dans la région suite aux pressions sur le couvert végétal, ce qui contribue à amplifier les phénomènes d'érosion, d'ensablement et de désertification. La surexploitation des ressources naturelles, notamment par le surpâturage qui entraîne la dégradation très poussée des parcours, constitue une grande menace pour l'environnement dans la zone. Par ailleurs, plusieurs sources de pollution contribuent à l'altération des ressources en eau aussi bien superficielles que souterraines. Il faut noter que l'ensemble des villes de la région rejettent les eaux usées non traitées dans le milieu naturel. De même, la région enregistre un retard important en matière de gestion des déchets solides. -----------------------------------------------------------------ContexteL'appel royal à l'élaboration d'une charte sur l'environnement et le développement durable tombe à point nommé. Le contexte actuel pose en effet, au Maroc d'importants défis. La fragilité des ressources naturelles nationales, conjuguée aux aléas climatiques qui touchent les ressources en eau et l'agriculture, accentue les problèmes environnementaux dans le pays. De même, le développement qu'a connu le Maroc durant les dernières décennies dans les secteurs socio-économiques vitaux, notamment l'agriculture, l'industrie, la pêche, le développement urbain, les infrastructures et le tourisme, n'a pas manqué d'induire des répercussions négatives sur la qualité de l'environnement nécessitant pour leur correction de lourdes charges financières. Selon les dernières évaluations, les tendances de dégradation de l'environnement sont estimées à 13 Mrds de DH, soit 3,7% du PIB.------------------------------------------------------------------------------Taux de reboisementLe territoire marocain recèle toutes les variétés bioclimatiques méditerranéennes. Cette variété climatique et orographique est à l'origine de la genèse d'une diversité biologique exceptionnelle au niveau des écosystèmes, des espèces et des écotypes, représentés par 4.700 espèces végétales, 326 d'oiseaux et 106 espèces de mammifères. Le dernier inventaire forestier national, réalisé en 1996, établit la superficie du domaine forestier à 9 millions d'ha. Le taux moyen de boisement au Maroc est de l'ordre de 8%, ce qui est en-deçà du taux optimal (15 à 20%) nécessaire à l'équilibre écologique et environnemental. La forêt présente de nombreux atouts en rapport avec sa grande diversité biologique et son impact sur l'équilibre socio-économique du pays. Elle joue un rôle de première importance en ce qui concerne la conservation et la protection des sols et de l'eau, la lutte contre la désertification et l'amélioration des conditions de l'environnement. Elle constitue également un conservatoire de gènes et l'unique terroir où subsiste la vie sauvage.



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