Le désenclavement en marche
L'on ne peut évoquer la région de Tadla Azilal sans se représenter sa nature charmante, ses cimes enneigées, la source d'Ain Asserdoun et la célèbre cascade d'Ouzoud devenues des repères pour les touristes marocains et étrangers. Mais beaucoup de gens ne connaissent pas les multiples difficultés socio-économiques dont souffre encore la population de cette région du Maroc profond. Pour s'attarder sur ces difficultés et mesurer l'impact des projets de l'Initiative Nationale pour le Développement Humain dans la région, Nadira Guremai, gouverneur et coordinatrice nationale de l'INDH a effectué, le 9 et 10 février une visite de terrain à Tadla Azilal, accompagnée d'un parterre de journalistes de la presse écrite et audiovisuelle. « L'objectif c'est de faire le point sur les projets à succès, mais c'est aussi de tirer les leçons qui s'imposent de ceux qui n'ont pas abouti pour une raison ou une autre», a-t-elle déclaré. Grosso modo, l'action de l'INDH a été axée sur trois volets principaux : la promotion de l'agriculture, du tourisme et le renforcement de l'infrastructure de base.Pour Mohammed Dardouri, Wali de la région de Tadla Azila, l'importance des productions agricoles de la région n'est plus à prouver. « Il suffit de savoir que notre région produit 20% du sucre du Maroc, 10% de ses olives et 30% de ses graines de pépins pour se rendre compte de ses énormes potentialités agricoles », indique-t-il. Dans le cadre de la capitalisation de ces richesses, un projet pour la réhabilitation des fermes de production des pommes a été mis en œuvre au début de 2010 dans la commune de Taourirt, en vertu duquel trois agglomérations de production devraient être créées d'un coût global de 4,2 millions de dirhams. Ce projet aura pour impact d'augmenter la production des pommes de 120% et de générer 27.000 journées de travail supplémentaires. Dans le but de valoriser ce produit qui fait, entre autres, la réputation de Tadla Azilal, un festival des pommes sera organisé à partir de l'été prochain. « Ce sera l'occasion de faire connaître les richesses de la région et de faire valoir la diversité et la qualité de ses productions agricoles. Des soirées musicales et des compétitions culturelles et sportives sont aussi programmées », nous informe M. Outoulout, responsable de l'INDH dans la région de Tadla Azilal. La haute altitude de la région et la fertilité de ses terrains fait de l'élevage du bétail une source de revenu primordiale de la population. Pour organiser sa pratique, un projet d'élevage des moutons et des chèvres dans les régions montagneuses de Béni-Mellal a été mis en place. Il s'agit d'un projet d'envergure qui cible 3500 éleveurs, investit 190.000 têtes de moutons et de chèvres sur une superficie de 120.000 hectares, et qui a nécessité une enveloppe budgétaire conséquente de 6,87 millions de dirhams, dont 4,80 millions fournis par l'Etat. Cette action ambitionne de lutter contre la pauvreté aux rangs des éleveurs, d'améliorer la productivité du cheptel, de promouvoir la qualité de la viande produite et d'en augmenter la production à hauteur de 100% d'ici 2020. Le lait, une autre production qui fait vivre beaucoup de ménages à Tadla Azilal, n'a pas été en reste. Dans la commune rurale de Naour, c'est la coopérative de lait de Naour qui se charge de l'organisation de la production et de la commercialisation de ce produit vital. « On a constaté que, pour vendre leur produit, les producteurs sont constamment confrontés au problème de l'absence des moyens de transport permettant d'acheminer le lait vers les points de vente. Dès lors, nous avons mis à leur disposition un camion bien équipé pour transporter le lait et trois réfrigérateurs pour le préserver en bon état tout au long du trajet. Ce projet a nécessité 610.000 dirhams, couverts à raison de 45% par l'INDH», explique M. Outoulout. Si les richesses agricoles de Tadla Azilal lui valent une bonne réputation à l'intérieur du Maroc, ses potentialités touristiques font que son rayonnement dépasse les frontières du pays. L'emplacement géographique de la région au pied de l'Atlas ne lui offre pas seulement des paysages naturels très attrayants, mais aussi un air frais et une eau douce qui coule de plusieurs sources célèbres de la région, notamment Ain Asserdoun et Ouzoud. « Le tourisme représente une véritable mine d'or pour notre région », assure, à propos, le Wali de Tadla Azilal. Cependant, un grand déficit dans les centres d'accueil des touristes est à souligner. Pour y pallier, l'INDH a contribué à la construction d'une auberge touristique dans la commune rurale d'Ifessfass d'un investissement global de 150.000 dirhams. Ce projet vise à promouvoir le tourisme des montagnes et à mettre en valeur les atouts touristiques de la région dans le but d'y attirer les investissements aussi bien des Marocains que des étrangers.Dans la même perspective, les autorités se penchent actuellement sur le plan de la mise en place d'un vol entre la ville de Béni-Mellal et la ville italienne de Milano, comme a tenu à l'annoncer M. Dardouri, Wali de la région de Tadla Azilal. Toujours dans le cadre du renforcement de l'infrastructure, sanitaire cette fois, les travaux de construction d'une maison de maternité ont été lancés dans la commune rurale de Naour, pour un budget de 249.000 dirhams qui devra être opérationnelle d'ici deux mois. « Pour le moment, mon angoisse émane surtout du manque flagrant d'infirmiers et de sages-femmes nécessaires pour la prise en charge en amont et en aval des femmes enceintes qu'on va accueillir dans ce centre», déplore Lamia, la seule médecin recrutée pour la maison de maternité de Naour. Il semble d'ailleurs que le manque de la couverture sanitaire n'est pas spécifique à cette commune enclavée. C'est, en effet, le bât qui blesse dans toute la région de Tadla Azilal. Pour parler chiffres, le nombre des lits fonctionnels dans la région ne dépasse pas 751, répartis entre quatre hôpitaux. D'autre part, les médecins et les infirmiers sont une denrée rare à Tadla Azilal : seulement un médecin assure le service de 76.371 habitants, contre un infirmier pour 1.348 habitants. Actuellement, la population met de grands espoirs sur l'INDH pour améliorer cette situation. L'analphabétisme (52.7% de la population est analphabète) et l'abandon scolaire, voilà une autre plaie ouverte de la région de Tadla Azilal. La pauvreté, l'éloignement des écoles et la dureté du climat font de la scolarisation un rêve inaccessible pour de nombreux enfants de la région. Consciente de ces contraintes, la coordination de l'INDH a enclenché une série de construction de maisons d'étudiantes dont une au quartier Ikkour Zaouiat Cheikh de la ville de Béni-Mellal (d'un coût global de 3.945.863 dirhams), une autre dans la commune rurale de Tagzirt de Béni-Mellal (d'un investissement de 3.500.000 dirhams)... Pour rapprocher les élèves de leurs écoles et combattre l'abandon scolaire, des bicyclettes VTT ont été remises à 60 enfants des douars relevant de la commune rurale d'Afourer de la province d'Azilal, mobilisant 63.500 dirhams. De même, il a été procédé à l'achat, pour 326.000 dirhams, d'un autocar pour le transport scolaire au profit de 100 élèves des douars relevant de la commune rurale de Fom Jemaâ-Bni Hassan et Tabia de la province d'Azilal. Tous comptes faits, la pauvreté demeure indéniablement la raison principale derrière le taux élevé de déperdition scolaire parmi les élèves de la région. Il va sans dire qu'une bonne scolarité implique de bonnes conditions de vie des élèves et de leurs familles. C'est, à juste titre, la philosophie du programme Tayssir dont bénéficient actuellement de nombreux ménages démunis de la région, indique le Wali de TadlaAzilal.-----------------------------------------------------------------------Le centre culturel Al Massira, un espace citoyenEn matière de construction des centres socioculturels, la région de Tadla Azilal connaît une dynamique qui ne se dément pas. Le complexe socioculturel Al Massira de Béni-Mellal en est un bel exemple. Construit sur une superficie de 800 m², ce projet d'envergure a nécessité 3.032.000 dirhams d'investissements dont 3.632.000 apportés par l'INDH. Il vise la lutte contre l'exclusion sociale en milieu urbain à travers l'organisation de plusieurs activités pédagogiques, culturelles et sportives. Bien équipé, le centre Al Massira comporte une bibliothèque, une sale multimédia destinée à initier les jeunes à l'outil informatique, une crèche, des ateliers de peinture et de couture, un centre du Croissant Rouge… Il organise également des actions de sensibilisation à de nombreuses occasions : la journée nationale de la femme, la journée nationale de la sécurité routière… ---------------------------------------------------------------------------La bataille contre la pauvreté : le bilanDepuis son institution dans la région de Tadla Azilal, l'Initiative Nationale pour le Développement Humain a fait de la lutte contre la pauvreté son principal champ de bataille. C'est de bonne guerre, vu que 24% de la population pâtit de la pauvreté dans la province d'Azilal. Partant du constat que ce taux culmine dans les zones rurales, le programme de l'INDH pour la lutte contre la pauvreté a ciblé 15 communes rurales en 2005 et 19 depuis 2006 et bénéficié à 207.145 habitants démunis. Composé de 451 projets, ce programme a nécessité un investissement conséquent de 104.721.000 dirhams dont 82.897.000 dirhams fournis par l'INDH. L'appui aux activités génératrices de revenus, le soutien à l'accès aux équipements et services sociaux de base, l'animation sociale, sulturelle et sportive et le renforcement de la gouvernance locale ont constitué les principaux axes de ce programme ambitieux.



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