La diversification énergétique, un signe fort de la volonté du Maroc de sécuriser son développement durable (ministre)
Le Maroc entrera de plain-pied dans ce nouveau siècle de croissance et d'énergies renouvelables en réduisant sa dépendance envers les sources d'énergie étrangères et en protégeant son environnement à travers la mise en place d'un projet d'énergie solaire de grande envergure, a indiqué la ministre en présentant le Plan solaire marocain devant un panel de responsables et d'industriels français.
Ce projet de 9 milliards de dollars vise à créer une capacité énergétique de 2.000 MW d'ici 2020 et à réduire la dépendance du Royaume envers les importations d'électricité, de pétrole et de gaz, a-t-elle expliqué.
Il se veut, aussi, le levier d'une nouvelle dynamique de développement dans le pays, a ajouté Mme Benkhadra, indiquant que 5 centrales seront réparties sur des sites prioritaires couvrant une superficie de 10.000 ha: Ouarzazate qui recevra la première unité de 500 MW prévue pour entrer en production en 2015, Aïn Beni Mathar près d'Oujda, Boujdour, Foum el Oued et Sabkha Tah.
Soulignant le caractère structurant de ce projet, Mme Benkhadra a rappelé que le projet solaire vise également à favoriser le dessalement des eaux afin de répondre aux besoins croissant des populations en eau potable.
Le Plan solaire a été conçu pour répondre aux besoins énergétiques nationaux dans une perspective régionale et méditerranéenne, a-t-elle poursuivi.
De son côté, le ministre français de l'Ecologie, de l'énergie et du développement durable, M. Jean-Louis Borloo, a salué en le projet solaire marocain qui est "un exemple à suivre pour beaucoup de pays".
A cet effet, il a rappelé la grande symbolique que représente la présentation de ce projet dans la même salle de l'Hôtel de Roquelaure où l'on avait scellé le volet énergétique du Grenelle de l'environnement, cet ensemble de rencontres politiques organisées en France en octobre 2007, visant à prendre des décisions à long terme en matière d'environnement et de développement durable tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre et en améliorant l'efficience énergétique.
Dans un souci de promouvoir les énergies "vertes", la France a adopté plusieurs démarches visant à encourager notamment l'accélération du transfert de technologies et le développement de centres de recherches à l'étranger, a-t-il rappelé.
Pour M. Mustapha Bakkoury, président du directoire de l'Agence marocaine de l'énergie solaire (Moroccan Agency for solar energy -MASEN-), l'énergie solaire est à même de devenir une vraie filière économique génératrice de plus-value.
Soulignant qu'il n'y a pas eu, encore, de choix ferme et définitif porté sur la nature des technologies à adopter, M. Bakkoury a fait observer que l'impératif du projet est la livraison à terme des énergies propres dans les temps impartis selon le calendrier déjà adopté.
Evoquant la modulation du projet solaire marocain, M. Bakkoury a souligné que plusieurs facteurs interviennent dans ce sens, notamment, la gestion de risques, l'offre technique et le choix de technologies à adopter.
L'Agence marocaine de l'énergie solaire est chargée d'assurer le pilotage et la conduite du projet marocain de l'énergie solaire, notamment en matière de conception, d'étude, du choix des opérateurs, de gestion et de suivi.
Elle a, également, pour mission d'orienter et de coordonner l'ensemble des activités liées à ce projet, le plus grand dans le domaine de production de l'électricité d'origine solaire sur le plan international.
De son côté, un responsable de l'Agence française de développement (AFD) a réaffirmé le souhait de cet organisme de développer un partenariat avec le Maroc en appui à son plan solaire se déclinant notamment à travers l'assistance technique et le financement des investissements.
La direction générale du Trésor (DGT), à travers le Fonds d'études et d'aide au secteur privé (FASEP) et la Réserve pays émergents (RPE), contribuera également à ce projet.
A travers cet instrument de prêt intergouvernemental avec garantie souveraine, la France finance des projets (principalement d'infrastructures) répondant aux objectifs de développement du pays bénéficiaire.
A l'issue de leurs présentations, les responsables marocains et français se sont prêtés à l'exercice des questions-réponses d'une assistance composée dans sa majorité de professionnels du secteur et d'industriels.
Les industriels présents, qui ont manifesté un intérêt particulier pour ce projet structurant, ont souligné l'importance des offres de services combinés et l'accès à ce mégaprojet pour certains prestataires de services de taille moyenne.



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